L’enfant intérieur en psychologie biodynamique : retrouver les parts vivantes de soi.

28 août 2026 | Blog | 0 commentaires

Dans ce webinaire consacré à l’enfant intérieur, Christiane Lewin, thérapeute et co-directrice de l’École de Psychologie Biodynamique, nous invite à partir à la rencontre des différentes parts de nous-mêmes qui se sont construites au cours de l’enfance.

L’enfant intérieur en psychologie biodynamique : retrouver les parts vivantes de soi

En tant que thérapeute, je trouve cette approche particulièrement précieuse : elle permet de regarder notre histoire avec davantage de douceur, sans réduire la personne à ses blessures ni chercher à tout expliquer par le passé.

Cette démarche ne consiste pas à retourner dans l’enfance pour s’y enfermer. Elle cherche plutôt à reconnaître ce qui, dans notre histoire, continue de vivre dans notre corps, nos émotions et nos relations, afin de pouvoir avancer avec plus de liberté.

Qu’appelle-t-on « l’enfant intérieur » ?

L’enfant intérieur ne représente pas seulement l’enfant que nous avons été. Il désigne un ensemble de sensations, de souvenirs, d’émotions, de besoins et de manières d’entrer en relation qui ont pris forme pendant l’enfance.

Nous pouvons ainsi porter en nous plusieurs figures intérieures : un enfant blessé, abandonné ou effrayé, mais aussi un enfant joyeux, curieux, spontané et créatif.

Certaines de ces parts ont parfois dû se faire discrètes pour nous permettre de nous adapter à notre environnement. Une sensibilité a pu être retenue, un besoin tu, une colère interdite ou un élan de vie freiné. Mais ces dimensions ne disparaissent pas. Elles peuvent continuer à se manifester dans la vie adulte à travers des réactions émotionnelles intenses, des peurs, des difficultés relationnelles ou des schémas qui se répètent.

Dans l’accompagnement thérapeutique, ces réactions peuvent devenir des points de repère. Elles ne sont pas nécessairement des signes de faiblesse : elles peuvent indiquer qu’une part de soi cherche encore à être entendue, rassurée ou reconnue.

Retrouver l’enfant intérieur par le corps et les sens

La psychologie biodynamique propose une approche profondément psychocorporelle de ce travail.

Le mental nous aide à comprendre notre histoire, mais il peut aussi chercher à contrôler, expliquer ou tenir à distance ce qui semble trop douloureux. Le corps et les sens ouvrent alors d’autres chemins.

Le toucher, la respiration, le mouvement, le regard, la voix, les odeurs, les images intérieures ou encore les rêves éveillés peuvent réveiller des ressentis difficiles à atteindre par la parole seule. Ces expériences permettent de se rapprocher progressivement de certaines mémoires corporelles, dans le respect du rythme et des défenses de la personne.

Il ne s’agit pas de provoquer un souvenir ni de forcer une émotion, mais de créer les conditions nécessaires pour que ce qui demande à être entendu puisse émerger avec suffisamment de sécurité.

Dans ma pratique, j’accorde une attention particulière à cette dimension corporelle. Le corps peut parfois exprimer ce que les mots ne parviennent pas encore à formuler. L’écouter progressivement permet de retrouver un contact plus fin avec ses besoins, ses limites et ses ressources.

La nécessité d’un « garant » intérieur

Christiane Lewin insiste sur l’importance du « garant ». Cette figure représente une présence protectrice, aimante et suffisamment solide pour accompagner le voyage intérieur.

Le garant peut prendre la forme d’une personne réelle ayant offert de la sécurité au cours de notre vie. Il peut également s’agir d’une figure imaginaire, symbolique ou archétypale, ou encore d’un ensemble de qualités intériorisées : la douceur, la stabilité, la patience, la protection et l’accueil inconditionnel.

Avant de rencontrer une part blessée, il est essentiel de pouvoir s’appuyer sur cette présence sécurisante. Le garant devient alors un point d’ancrage permettant à l’adulte d’aujourd’hui de rester présent auprès de l’enfant d’autrefois. Cette notion me paraît essentielle dans tout travail thérapeutique : avant de chercher à comprendre ou à transformer une expérience douloureuse, il est nécessaire de disposer de suffisamment de sécurité intérieure et relationnelle. Le rythme de chacun doit être respecté.

Écouter, reconnaître et réintégrer

La rencontre avec l’enfant intérieur se fait progressivement. Il est possible de l’observer, de dialoguer avec lui et d’écouter ce qu’il cherche à exprimer. De quoi cet enfant a-t-il manqué ? De quoi a-t-il eu peur ? Qu’aurait-il eu besoin d’entendre, de ressentir ou de recevoir ? L’adulte peut alors commencer à construire une relation différente avec cette part de lui-même. Il ne s’agit plus de l’ignorer, de la juger ou de lui laisser inconsciemment diriger sa vie, mais de l’accueillir avec discernement. Cette reconnaissance peut contribuer à restaurer davantage d’unité intérieure. L’enfant blessé n’a plus besoin de se manifester uniquement par la détresse, la colère ou la répétition : il peut progressivement trouver une place dans une conscience adulte capable de l’écouter et de prendre soin de lui. Ce processus demande souvent du temps. Il ne s’agit pas de faire disparaître une émotion ou de corriger rapidement une réaction, mais d’apprendre à se rencontrer avec plus de compréhension. Peu à peu, ce qui était vécu comme un obstacle peut devenir une source de connaissance de soi.

De l’enfant blessé à « l’enfant soleil »

Le travail sur l’enfant intérieur ne concerne pas uniquement les blessures du passé. Il permet également de retrouver les qualités vivantes de l’enfance : la capacité d’émerveillement, la créativité, l’intuition, le jeu, la spontanéité et la joie.

Lorsque ces dimensions sont reconnues et réintégrées, l’enfant intérieur peut devenir ce que Christiane Lewin appelle un « enfant soleil ».

Cet enfant n’a pas vocation à prendre les décisions à la place de l’adulte. Il devient plutôt une boussole sensible, capable de nous renseigner sur ce qui nous nourrit, ce qui nous éteint ou ce qui demande à retrouver une place dans notre existence.

Dans la vie quotidienne, cette reconnexion peut se traduire par des choix plus alignés, une plus grande capacité à ressentir du plaisir, davantage de créativité ou encore une relation plus respectueuse avec ses propres besoins.

Un chemin de réunification intérieure

Retrouver son enfant intérieur ne signifie donc ni régresser ni idéaliser l’enfance. C’est reconnaître que certaines parts de nous sont restées en attente d’attention, de protection ou de reconnaissance.

Dans une approche psychocorporelle, ce chemin mobilise à la fois le corps, les émotions, l’imaginaire et la relation thérapeutique. Il peut nous aider à mieux comprendre certaines réactions actuelles, à accueillir notre sensibilité et à renouer avec une vitalité jusque-là mise à distance.

L’enjeu n’est pas de devenir quelqu’un d’autre, mais de rassembler les différentes dimensions de soi afin d’avancer dans la vie avec davantage de présence, de cohérence et de liberté intérieure.

Si cette approche résonne avec votre histoire, je vous accompagne dans ce chemin de reconnexion à vous-même, à Lyon, à Bruxelles ou en visioconférence. Les séances offrent un espace pour écouter ce qui se manifeste dans le corps, accueillir les émotions et avancer progressivement, dans un cadre respectueux de votre rythme.

▶️ Voir le webinaire de Christiane Lewin sur YouTube

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À propos de l’auteur

Hélène Quentin est thérapeute psychocorporelle en psychologie biodynamique.

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